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civilisation italienne

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Géographie

Italia : Péninsule à la forme d'une botte (uno stivale). Pont naturel entre Europe, Afrique et Moyen-Orient. À travers les Alpes, l'Italie est en contact avec les pays les plus industrialisés d'Europe avec lesquels elle entretient d'intenses relations aussi bien commerciales que politiques. L'Italie est le second partenaire commercial de la France. Elle fait partie de la zone Euro et de l'espace Schengen ainsi que des six pays fondateurs de l'Europe.

Elle a 4 frontières avec ses voisins :

- La France (la Francia)
- La Suisse (la Svizzera)
- L’Autriche (l’Austria)
- La Slovénie (la Slovenia)

Superficie d'environ 301 000km². Se développe principalement le long de l'axe Nord-Sud. 1200km environ séparent le point le plus culminant au nord « Vetta d'Italia » et le point le plus au sud sur l’île de Lampedusa. Délimitée par environ 8500km de côtes.



Font partie du territoire italien de très nombreuses îles et archipels dont les 2 plus grandes îles de la Méditerranée : la Sicile (la Sicilia) et la Sardaigne (la Sardegna). L’Italie est au cœur de la mer Méditerranée (il mar Mediterraneo), mais on devra parler de six mers :

- La mer Adriatique (il mare Adriatico, au Nord-Est)
- La mer Ionienne (il mar Ionio, au Sud-Est, sous la botte)
- La « mer de Sicile » (il “mare di Sicilia” = non-officielle, bras de mer passant sous la Sicile)
- La mer Tyrrhénienne (il mar Tirreno, sorte de baie, sous l’Italie)
- La mer Ligurienne (ou mer Ligure ; il mar Ligure, au-dessus de la Corse, au niveau du Golfe de Gênes)
- La mer de Sardaigne (il mar di Sardegna, entre la Sardaigne et l’archipel des Baléares)

Territoire caractérisé par une très forte exposition à la mer et par une prédominance des reliefs qui occupent 77% du territoire. Lorsque l'on parle de relief, on parle de l'ensemble constitué par les 2 grandes chaînes de montagnes : Les Alpes (le Alpi) qui coïncident avec la limite du Pô ; les Alpes dessinent un arc avec une courbe plus accentuée à l'Ouest, là où elle est soudée à l'autre grande chaîne, les Apennins (gli Appennini)... À cet égard, les Italiens nomment les Français les « cugini d’Oltralpe » (cousins transalpins).
Le système des reliefs italiens peut être schématisé par un "S" qui va de la frontière avec la Slovénie à travers la péninsule jusqu'à la pointe occidentale de la Sicile, les Apennins en forment la dorsale (à gauche carte des reliefs et mise en évidence du S).


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Le Regioni, le Province e I Comuni :

Le Regioni : L'Italie est divisée en 20 régions, ce sont des organismes administratifs autonomes dont la compétence et les pouvoirs sont fixés par la Constitution italienne. La division en régions est une division de type politique qui ne recoupe pas nécessairement des différences sur le plan géographique.

Le Province : Chaque région comprend au moins 2 provinces à l'exception de Vallée d'Aoste (la Valle d’Aosta) qui coïncide avec la province d'Aoste (Aosta). Aujourd'hui on dénombre 103 provinces. Dans chaque région, l'une des provinces joue le rôle de Chef-lieu de Région (Capoluogo di Regione), c'est le lieu où siègent les autorités préposées à l'administration du territoire.

I Comuni : Chaque province comprend des communes. Une commune correspond à la plus petite unité administrative, elle peut aller de quelques dizaines d'habitants à plus d'un million, on recense aujourd'hui 8100 communes environ. À l'intérieur de chaque province, une des communes joue le rôle de « Capoluogo di Provincia. » Nota : le mot "il comune" signifie aussi "la mairie".

Exemple (esempio):
Comune / Capoluogo di P. / Capoluogo di R. / Capitale
Revere / Mantova / Milano / Roma

Chaque province est représentée par un sigle normalement formé de 2 lettres de l’alphabet. Dans la plupart des cas, ces 2 lettres correspondent au début du nom de la province. Lorsque le nom de 2 provinces commence par les mêmes lettres, on trouve une autre combinaison. On les trouve sur les plaques d’immatriculation, adresses postales/électroniques...
En général, lorsqu’un italien se présente, il dira « Sono di… » + le nom de sa ville et ajoutera « in provincia di... »

Parmi les 20 régions d’Italie, on compte 15 régions dites ordinaires et 5 régions dites spéciales (a statuto speciale).
Ces dernières bénéficient de conditions particulières d’autonomies. Ce sont :

- La Vallée d’Aoste – ou Val d’Aoste (la Valle d’Aosta)
- Le Frioul-vénétie-julienne (Friuli-Venezia-Giulia)
- Le Trentin-Haut-Adige (Trentino Alto Adige)
- La Sicile (la Sicilia)
- La Sardaigne (la Sardegna)

En observant la position géographique occupée par ces 5 régions, on peut comprendre les raisons qui ont justifié, dès 1948, l’attribution d’un statut spécial. Il s’agit soit d’îles qui présentent des problèmes spécifiques au niveau des transports, communication et approvisionnement, soit de régions frontalières présentant des spécificités parmi celles relatives à la présence de minorités ainsi que du bilinguisme :

- La Vallée d’Aoste : italien/français
- Le Trentin-Haut-Adige : italien/allemand
- Le Frioul-vénétie-julienne : italien/slovène

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Il Clima :

L'Italie est une longue péninsule qui présente du point de vue climatique des caractéristiques continentales et maritimes. On peut simplifier en disant que le Nord de l'Italie jusqu'à Bologne (Bologna) présente un climat continental et le reste un climat maritime, cependant d'autres distinctions sont à souligner à l'intérieur des ces 2 grandes zones :

Italie au climat continental :

Le climat des Alpes est de type continental froid. Si on prend par exemple la ville de Bologne, la température est inférieure de 3°C l'hiver et de 7°C l'été par rapport à la moyenne du climat continental. Le climat des Alpes est froid et humide, on signale au-dessus d’environ 2800m la présence de neiges éternelles. Les cols qui permettent le passage d'un versant à l'autre des Alpes subissent pendant l'hiver des températures polaires et sont donc fermés.

La plaine du Pô est caractérisée par un climat continental tempéré, l'amplitude thermique annuelle est très forte, pendant l'hiver, les températures peuvent atteindre -5 à -10°C. La plaine du Pô est également une région très humide qui enregistre en particulier le problème de brouillard très persistant pendant toute la période hivernale ; certains des grands aéroports du Nord étant impraticables.
Entre la plaine du Pô et des Alpes centrales, la région des grands lacs présente un climat continental très doux et proche de celui des régions maritimes.

Italie au climat maritime :

Le climat maritime est caractérisé par des températures douces et par une amplitude thermique relativement limitée. Le versant adriatique est la partie la plus froide à cause des courants froids provenant du Nord-Est de l'Europe. Par ailleurs, l'Adriatique étant une mer peu profonde, elle ne parvient pas à adoucir les températures. Le versant pyrénéen est protégé des vents du nord par la chaîne des Apennins mais il est exposé aux courants humides en provenance de l'Atlantique. La partie méridionale de l'Italie est caractérisée par un climat plus chaud dit méditerranéen, toute cette région propose des hivers très doux, des étés très chauds mais surtout très secs.


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Le Alpi :

L'arc formé par la chaîne des Alpes mesure 1200km de long. Traditionnellement, on divise les Alpes en 3 grandes parties :

- Les Alpes Occidentales (Italie-France)
- Les Alpes Centrales (Italie-Suisse)
- Les Alpes Orientales (Italie-Autriche/Slovénie)

La partie la plus large de la chaîne se trouve à l'Est, c'est-à-dire dans les régions Vénétie et Lombardie. Dans des régions, la chaîne principale est renforcée par des chaînes mineures moins élevées que l'on appelle « Le Prealpi » (ci-contre) ou bien par des massifs comme celui des « Dolomiti » ou encore comme dans le cas des « Colli Euganei » par des montagnes de nature volcanique. En revanche (dans la partie occidentale) on passe brusquement de la plaine aux montagnes. C'est ici que se trouvent les sommets les plus élevés des Alpes : le Mont Blanc (il Monte Bianco) mais aussi le Mont Cervin (il Monte Cervino) ou le Mont Rose (il Monte Rosa).



Les Alpes et les communications internationales :

Coincée derrière la barrière des Alpes, l’Italie a toujours dû gérer le problème de la traversée de la chaîne. Depuis l’Antiquité, les hommes ont profité de l’existence de nombreux cols, c’est-à-dire de points de dépression tout au long de la chaîne qui permettent le passage des Alpes. On compte encore aujourd’hui une trentaine de cols qui assurent la communication routière entre l’Italie et les pays voisins.

Le Col de Tende (il Colle di Tenda). Il relie le Piémont du sud et la région de Nice. Empreinté depuis l’Antiquité, son importance diminue après 1800, suite à la construction de la route entre Nice et Vintimille.

Le Col du Mont Cènes. Il relie Modane et la vallée de la Maurienne à Bardonecchia (Bardonnèche en français.) Mais il est ouvert à la circulation seulement pendant l’été. Utilisé par les Celtes et les Romains, il concentre tout le trafic transalpin à partir du 21ème siècle. Et Napoléon se chargera d’y aménager une grande route joignant Lyon à Turin.

Le Col de Montgenèvre (il Colle di Monginevro). Il relie Turin à Briançon et au-delà à Marseille et à la province. De nos jours, il a une importance secondaire et limitée au trafic régional.

Certains des cols qui traversent les Alpes sont doublés par des tunnels qui permettent le passage soit du chemin de fer soit des autoroutes ou encore des deux. Les tunnels sont plus nombreux dans les Alpes Occidentales et Centrales (car plus élevées.) Entre l’Italie et l’Autriche, on trouvera surtout des viaducs. Les tunnels ferroviaires sont plus anciens que les tunnels routiers. Les plus importants ont été construits entre 1850 et 1880, c’est-à-dire pendant la période de l’unification du pays.

Les principales voies de communication entre l’Italie et les pays voisins :

• Liaison Italie-Autriche :
Le Col de Brenner est un col ferroviaire (1967) et routier (1972) Il relit la ville de Bolzano à l’Autriche et à travers l’Autriche à l’Allemagne, en particulier à Munich. Il constitue un axe majeur entre le Nord et le Sud de l’Europe. Le col routier reste le passage alpin le plus important en ce qui concerne le transport routier. Les Autrichiens envisagent de la doubler en perçant un tunnel de plus de 50km.

• Liaison Italie-Suisse :
Le Col de Saint Gothard est un tunnel ferroviaire (1882) et routier (1980), c’est le plus grand des transits entre la Suisse et l’Italie. Percé dans des conditions très difficiles, il a nécessité 10 ans de travail et a coûté la vie de 200 ouvriers. Dès son inauguration, le tunnel ferroviaire donna lieu a un intense mouvement de voyageurs et de marchandises. Aujourd’hui, le tunnel accueille des convois de ferroutage (terme qui défini les transports de marchandises par chemin de fer et route) en attendant la mise en service d’une nouvelle ligne en 2015. Quant au tunnel routier, il a enregistré en moyenne entre 2000 et 2003, le passage de plus d’un million de poids lourd par an.
Le Col de Simplon est un tunnel ferroviaire qui relit la Suisse et la Lombardie. C’est une des voies les plus directes pour accéder au cœur de l’Italie industrielle. Elle, qui a été récemment modernisée pour pouvoir recevoir ce que les Suisses appellent une « route roulante », c’est à dire une voie ferrée le long de laquelle des trains classiques transportent les camions. La Suisse est le pays qui, avant les autres a essayé de préserver les Alpes comme espace naturel et cadre de vie, en réduisant en particulier la circulation de poids lourd. Elle prévoit d’ici 2009 de réduire le transit des poids lourds à 650 000 véhicules par an, soit la moitié du trafic de 1999.

• Liaison Italie-France :
Entre la France et l’Italie, il existe 3 passages majeurs :

- via Vintimille (Ventimiglia)
- via le Mont Blanc
- via Fréjus

Le passage routier de Vintimille : c’est une autoroute qui relit Nice à Gênes (Genova) par 2 autoroutes. En 2003, 1 209 000 poids lourds ont emprunté ce passage. Le trafic provoqué par le transit entre l’Espagne et l’Italie ne cesse d’augmenter, plus de 70% en 10 ans et s’approche désormais du seuil de saturation. C’est le seul passage situé à une altitude qui n’est pas haute.

Le tunnel du Mont Blanc : il a été percé entre 1959 et 1965 à une altitude de 1300m environ. Il a une longueur de 11km. Il a enregistré un trafic de plus de 750 000 poids lourds dans les années 90 avant l’incendie du 24 mars 1999 qui a fait 39 victimes ; réouvert en 2002, le trafic annuel atteint 275 000 poids lourds par an. Il relit Chamonix en Haute-Savoie à Courmayeur dans la Vallée d’Aoste. Il s’agit du plus important tunnel franco-italien car il est situé sur l’axe Paris <> Rome et est doté d’un bout à l’autre d’un réseau autoroutier.

Montcenis Fréjus (tunnel ferroviaire) : c'est le 1er plus grand tunnel transalpin percé entre la France et l'Italie (le cinquième plus long du monde), il a été réalisé entre 1857 et 1871, mesure 13km. Il relie la vallée de Maurienne au Val de Susa dans le Piémont. Il a été percé entre 1974 et 1980 à une altitude de 1250m après l'ouverture du tunnel du Mont Blanc en 1965, le tunnel routier du Fréjus est le dernier grand ouvrage réalisé entre la France et l'Italie. Jusqu'en 1981, 80% du trafic était constitué de véhicules légers, la population s'est vite inversée au profit des poids lourds. En 2003, le trafic s'est élevé à une moyenne de 248 000 poids lourds. Suite à la catastrophe du Mont Blanc, la sécurité a été renforcée dans le tunnel du Fréjus ; mais aussi en 2005, suite à l'incendie d'un camion qui a provoqué la mort de 2 conducteurs.

Le trafic international enregistré par ces 3 passages ne cesse d'augmenter.

Si la croissance du trafic est un signe évident du dynamisme économique européen et franco-italien en particulier, les conséquences sur la vie alpine sont néfastes : routes surchargées, pollution, atteinte au milieu mais aussi accidents et incendies font de ce tunnel des voies à risques. Pour faire face au problème lié à cette circulation en augmentation constante, plusieurs programmes sont en cours parmi lesquels la construction de la liaison transalpine entre Lyon et Turin. Il s'agit d'un programme européen élaboré dès 1994 et ratifié par les parlements italiens et français en 2002. Le programme prévoit la réalisation d'une nouvelle liaison ferroviaire mixte (marchandises et TGV) entre Lyon et Turin impliquant la construction d'un tunnel de 52km.

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Gli Appennini :

(! En français : les APENNINS)

Du Golfe de Gênes, où ils joignent les Alpes, jusqu’en Sicile, les Apennins s’étendent sur 1000km, à travers 15 régions. On peut distinguer 3 zones différentes dans la chaîne en forme de “S” :

- Les Apennins du Nord, qui possèdent des montagnes aux sommets arrondis, ainsi que de grandes forêts sauvages ;
- Les Apennins du centre, constitués de « groupes montagneux » (9) de plus de 2000 m d’altitude, ont, eux, des sommets pointus ainsi que la faune et la flore la plus riche d’Italie ;
- Les Apennins du sud, semblables à ceux du Nord, à la différence près qu’on note la présence de volcans actifs (l’Etna, le Vésuve…)

Tout comme les Alpes, les Apennins possèdent aussi des plaines de basse altitude entre les différents monts, ceux-ci s’appellent les « Anti-Apennins » (Anti-Appennini).

La Pianura Padana (= La Plaine du Pô) o Val Padana :

Seuls 23% de la superficie de l'Italie sont occupés par des plaines. Plus de la moitié de ce pourcentage coïncide avec une seule grande plaine : la plaine du Pô qui s’étend sur quelques 46 000km² correspondant à 1/6 du territoire national.
La plaine du Pô, ancien Golfe de la mer Adriatique, est une plaine formée de matériaux transportés pas les fleuves et en particulier par les plus importants d'entre eux. Le Pô, avec ses 652km de long, est le plus grand fleuve d'Italie.

Aujourd'hui, la plaine du Pô (ci-contre, avec le fleuve) accueille presque 1/3 de la population. La densité de population (350hab/km²) correspond au double de la moyenne nationale. Les causes de cette concentration sont à rechercher dans l'intense développement de l'agriculture, de l'industrie, du commerce. La source principale de richesse de la plaine, c'est-à-dire le fleuve (eau disponible en grande quantité), a toujours présenté en même temps le principal obstacle à son développement. La plaine du Pô demande aujourd'hui encore le contrôle des eaux et de bonification des terrains. Des actions très importantes d'assainissement ont été menées au cours de ces 2 derniers siècles pour limiter les inondations des fleuves et pour réduire l'étendue des marées (malaria).

Deux types d'intervention ont permis de transformer les plaines marécageuses en plaines fertiles et habitables :
- La construction de digues : 2 000km de digues pour retenir l'eau en cas de crues.
- La construction de canaux : depuis le Moyen-Âge, un dense réseau de canaux artificiels permet de contrôler et diriger l'eau des fleuves vers les champs irrigués, certains de ces canaux sont encore utilisés comme voies de navigation, c'est le cas des canaux qui traversent Milan, construis au 15ème siècle sur les dessins de Léonard De Vinci.

D’autres canaux creusés à la fin du 19ème siècle ont favorisé notamment le développement des rizières dans le Piémont.
L’Italie est le premier exportateur de riz en Europe, la moitié du riz italien provient de Vercelli et Novara et dans la première de ces villes siège la « Bourse du riz », le plus important marché de céréales.

La plaine du Pô est divisée en deux : Alta et Bassa Pianura (centre de la plaine qui suit le cours du fleuve). De sorte que l’Alta décrit un "C" aux pieds de la montagne autour de la Bassa.

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La Bassa Pianura (= la basse plaine) :

Les terrains de celle-ci permettent une intense exploitation agricole, cette partie de la plaine est le moteur de l'agriculture non seulement du Nord du pays, mais également de tout le pays, les raisons de son développement tiennent à la richesse en eau, à la régularité des terrains et au réseau très dense et différencié de voies de communication. Dans cette plaine vivent 2% des paysans mais on y produit 38% de la production agricole italienne. L'agriculture de la Bassa est basée sur l’élevage, la culture céréalière mais aussi sur une mécanisation très poussée sur la sélection génétique des plantes et des espèces et sur l'emploi massif des moyens chimiques (pollution.)

Dans la Bassa, on pratique l'agriculture caractérisée par la production sur de très vastes terrains d'une seule céréale: blé, maïs, betterave à sucre, tomate, arbres fruitiers et plus récemment soja et tournesol. La production intensive de fourrage est à mettre en relation avec l'exploitation de même que les fromages typiques (parmesan, gorgonzola, mozzarella...) L'élevage bovin est suivi de très près par l'élevage des porcs, la production liée à ce secteur atteint des dimensions industrielles et est exportée en grande quantité (jambon de parme, mortadelle.)

L'organisation prédominante est aujourd'hui l'"azienda capitalista", c'est-à-dire une vaste exploitation agricole régit par un propriétaire qui confie le travail de la terre à un nombre très élevé d'ouvriers agricoles.

L'Alta Pianura (= la haute plaine) :

Les terrains de la haute plaine sont très perméables et donc peu fertiles. Dans cette partie, les rendements sont plus limités par rapport à la Bassa où on y cultive toutefois du maïs, des légumes et surtout des mûriers (vers à soie) cependant, dans la haute plaine l'agriculture a été progressivement réduite à la faveur de l'industrie, c'est dans cette partie que sont situées 2 des 4 métropoles italiennes (Milano e Torino), lesquelles sont en même temps les 2 villes les plus industrialisées d'Italie. Aujourd'hui, la haute plaine tend à se transformer en un seul axe urbain et industriel partant de la Vénétie et en décrivant un grand "C" à travers Milan et Turin pour se terminer sur la côte de la région Emilie-Romagne.



Des paysages traditionnels aux paysages actuels :

L'agriculture des Alpes est relativement pauvre, les limites de l'agriculture alpine résident dans 3 contraintes :

- Le climat
- Le relief
- Le type de propriétés privées très dispersées

Par conséquent, l'agriculture des Alpes est consacrée à la consommation privée et non pas à la vente. La principale activité économique traditionnelle, grâce à l'abondance d'eau et de pâturage, a toujours été l'élevage des bovins selon la pratique traditionnelle de l'alpage.

Le paysage traditionnel des Alpes a longtemps été marqué par ces 2 secteurs (agriculture et élevage) mais les dernières décennies ont profondément modifié le paysage alpin. Les principales causes de cette transformation sont :

o Les difficultés de l'économie de montagne, qui ont poussé de nombreux habitants à l'émigration, ce qui a marqué la vie dans les Alpes jusqu'aux années 70 ;
o L'industrialisation progressive de la plaine du Pô au cours du 19ème siècle a impliqué de vastes actions de déboisement visant à approvisionner les usines en quantité de bois, le secteur du bâtiment et les chantiers de production de chemin de fer. Les forêts alpines sont désormais réduites à 1/3 de l’aire initiale. Désormais la pollution s’est répandue, et inondations et éboulements sont courants.
o Pendant toute la première moitié du 20ème siècle, l'énergie produite en Italie provenait des centrales hydroélectriques toutes situées dans les Alpes, là où justement on peut exploiter les grandes quantités d'eau disponibles ainsi que la vitesse des précipitations ;
o Aujourd'hui, l'agriculture s'est transformée en spécialisation productive, monoculture, et implique l'utilisation massive des moyens mécaniques et chimiques (meilleure rentabilité mais plus polluant), désormais le domaine de l’agriculture ne concentre que 7% des actifs ;
o Dans la seconde partie du 20ème siècle, les Alpes ont été modifiées par le développement du tourisme lié au sport d'hiver. Le développement du tourisme d'hiver a fait apparaître à la place des villages alpins de véritables villes de montagne.

Exemple : Cortina d’Ampezzo (N-E de l'Italie) compte moins de 8 000 habitants mais à la pleine saison peut accueillir jusqu'à 40 000 résidents auxquels elle peut offrir tous les services indispensables ainsi que de nombreux loisirs. Si le développement du tourisme a amélioré les conditions de vie dans les régions alpines, ces améliorations ne se sont pas répandues de manière uniforme. Elles n’ont touché que les stations de haute montagne ou les vallées où se trouvent des industries.

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Le Coste :

L’Italie compte approximativement 9 000km de côtes. Seules 5 des 20 régions n’ont aucun débouché sur la mer :

- La Vallée d’Aoste (la Valle d’Aosta)
- Le Piémont (il Piemonte)
- La Lombardie (la Lombardia)
- Le Trentin Haut Adige (Trentino Alto Adige)
- La région Ombrie (la regione Umbria)

Environ 1/3 de la population italienne vit sur les côtes, et c’est sur les côtes que se trouvent quelques-unes des villes les plus importantes du pays comme Naples (Napoli), Venise (Venezia), Gênes (Genova) et Palerme (Palermo).

Les côtes liguriennes :

Elles sont hautes et très étroites car elles sont limitées (au Nord) par de hauts reliefs. Les ports, nombreux mais très petits, ne peuvent généralement rattacher que les petits bateaux de pêche ou de plaisance. Par conséquent, les plages et les petits ports de Ligurie se sont presque entièrement tournés vers le tourisme ; il reste néanmoins 3 exceptions: Sanova, Genova et La Spezia (ci-contre). Le port de Sanova est un port de marchandises, essentiellement.
Le port de Gênes est le 1er port par ordre d’importance en Italie et le 2ème en Méditerranée (après Marseille.) Gênes est un port très actif car il dessert le Piémont et la Lombardie, c’est-à-dire les régions les plus industrialisées du pays. Il est le principal port de marchandises d’Italie mais c’est aussi un port de transport de passagers, comme La Spezia, des bateaux partent notamment en direction des îles et de la côte.
Le port de La Spezia est l’un des 2 grands ports militaires italiens.

Les côtes de la Toscane et du Latium :

Il s’agit de côtes très basses qui furent pendant longtemps marécageuses avant d’être en bonne partie assainies. Signalons les ports de Livorno, Piombino et Civitavecchia. Le port de Piombino est le point de départ des bateaux vers la Corse ou les îles, en particulier vers l’île d’Elbe (l’isola d’Elba). Civitavecchia est quant à elle à l’origine de beaucoup de bateaux en direction de la Sardaigne.

Le golfe de Naples et les côtes calabraises :

Il s’agit d’un segment extrêmement varié et très caractéristique avec volcans et îles volcaniques, promontoires, sources thermales, grottes, et lacs. Ils font de la côte napolitaine l’une des principales destinations du tourisme national et surtout international. Naples est le plus important port italien en ce qui concerne le transport de passagers. La côte calabraise est caractérisée par des côtes très irrégulières interrompues seulement par "le fiumare" (= cours d’eau, torrents ou fleuves, généralement uniquement pourvus d’eau en hiver.)

Les côtes ioniennes :

Il s’agit de côtes basses et planes. Un seul port, celui de Taranto, est, avec La Spezia, l’un des deux principaux ports militaires de l’Italie. Il est également important pour les marchandises.

Les côtes adriatiques :

Surtout au Nord de Gargano, on trouve la très longue suite de côtes basses et plates qui sont la principale caractéristique de la côte adriatique. En ce qui concerne les ports, on rencontre dans la partie méridionale les ports de Brindisi et Bari qui ont acquis une grande importance dans l’histoire italienne grâce aux échanges avec les Balkans et avec l’Orient. Aujourd’hui, de ces ports partent des bateaux à destination de la Grèce. Les côtes entre Brindisi et Bari sont souvent aujourd’hui à la une des journaux parce qu’elles sont les principales destinations de l’immigration en provenance d’Albanie et des pays d’Extrême-Orient.

Les côtes des Abruzzes :

On rencontre les ports de Pescara et de San Benedetto del Tronto, qui est le principal port d’Italie. Au Nord d’Ancona, important port de marchandises, Ravenna, et plus au nord, Venise, mais aussi Trieste sont de très importants ports pétroliers.

Les côtes siciliennes et sardes :

Tous ces ports ainsi que les ports de Sardaigne se sont développés au cours des dernières décennies car ils se trouvent sur la route du pétrole en provenance de Moyen Orient et à destination de l’Europe Occidentale.

PAGE 1/2 : FIN DE LA PARTIE GEOGRAPHIE, PAGE 2/2 : PARTIE HISTOIRE


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